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Lisez le avant si vous ne l’avez déjà fait.

Nous sommes le dimanche 27 janvier 2013, je m’en vais manifester à Paris pour le mariage pour tous, mais également beaucoup contre l’homophobie ambiante du moment.

On peut dire que cette loi sur ce mariage a fait polémique. Plus cela dure, et plus les propos ont été durs, que cela soit sur le fond ou sur la forme. Nous étions des centaines de milliers à braver le froid pour marcher tranquillement. L’ambiance était bon enfant, j’étais avec des amis, la plupart hétéros. On s’amusait, on était heureux et sereins, on savait que l’on marche pour la bonne cause.

On parlait de ce mariage avec F. Souvent. Mais on ne se projetait pas, de peur de désillusion. On attendait les avancées de la loi. Son passage à l’Assemblée Nationale, puis au Sénat. Sa deuxième lecture à l’Assemblée et enfin, son vote solennel. Nous étions devant la télé durant les grandes étapes, et une larme de joie à coulé sur mes joues au moment du vote, je dois l’admettre.

Nous avons le droit, comme toute la population française, de nous marier. Comme les autres, comme vous. Nous avons le droit d’être traités à égal… Et dire que cela a déchaîné la haine de certains, une minorité, nous en sommes tous conscients. D’ailleurs, pourquoi avoir donné plus d’importance que cela à cette minorité ? Pourquoi avoir surenchéri sur la bêtise et la jalousie humaines ?

La loi votée, nous pouvions partir en vacances à l’étranger sereins et heureux. Ma décision était prise, ce voyage en Israël resterait gravé dans nos souvenirs, et principalement ces deux jours sur le bord de la Mer Morte.

Car avant de pouvoir prononcer ces quatre mots magiques que sont « oui, je le veux » durant notre mariage, il y en a quatre autres à prononcer. Une simple question, qui change une vie. « Veux tu m’épouser ? »

Dimanche 28 avril, j’ai pris mon courage à deux mains, face à un paysage majestueux. En restant le plus simple possible, dans un style qui caractérise notre couple, j’ai fait ma demande en mariage. Moi, le gay, l’homo, le pédé, j’ai demandé mon homme en mariage.

Je n’y avais à vrai dire jamais cru, jusqu’à l’élection de Hollande, mais, les promesses électorales étant que très rarement tenues, je ne me faisais pas d’illusions. Et puis, petit à petit, j’ai espéré ce moment. Puis l’espérance est devenue quelque chose de palpable, et plus vite qu’il n’en a fallu pour y croire, j’étais dans la réflexion de cette simple minute où, un genou à terre, une bague dans la main, je demanderai à mon homme de s’unir à moi jusqu’à la fin de nos jours. Ou ? Quand ? Comment ? Je me devais d’être prêt et pourtant… Le jour prévu, mon homme tomba malade. Il resta allongé toute la journée se tordant de douleur, repoussant sans le savoir ma demande en mariage à plus tard. Plus aucune organisation de prévue…

La voix enrouée, les bras tremblants et les yeux humides, je me suis lancé le lendemain, ce dimanche 28 avril donc. Je l’ai vu à ces yeux humides également, il était ému. Mais surtout, surpris. Il ne s’y attendait pas, venant de moi, le timide. Et pourtant…

Mais le plus important, c’était sa réponse. Une réponse en forme de pied de nez à tous les détracteurs, un oui rempli d’amour, qui nous conduira prochainement aux portes d’une mairie, accompagnés de toute notre famille et de tous nos amis, pour s’unir, devant eux, pour le meilleur et pour le pire.

Dans quelques mois, je pourrais enfin dire ces 4 mots après que le maire m’est demandé si je veux prendre F. pour époux. Je pourrais les dire, avec une voix enrouée et tremblant de peur…

« OUI JE LE VEUX »

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