« Le médecin guérit des maladies, mais non pas de la mort ;

il est comme le toit, qui garantit de la pluie, mais non pas du tonnerre. »

Proverbe chinois.

 

Un médecin, ça a du savoir, des bagages, de la culture. Ça a fait de longues et difficiles études, qui lui ont permis d’acquérir de multiples expériences dans divers stages. Un médecin, cela soigne, cela guérit, cela apaise, cela écoute, cela fait aller mieux. Je sais tout ça, car je vis avec un médecin. À en croire l’opinion publique, le médecin a une vie toute rose, il gagne bien sa vie, il fait le bien autour de lui. Il peut arranger ses horaires s’il est en cabinet, et peut-être même s’il est en milieu hospitalier. Il aime son boulot, car c’est un métier qu’on choisit par conviction et par passion.

Je suis sur Twitter. Ce n’est pas une surprise, on peut m’y retrouver facilement. Sur mon compte personnel, 90% des gens que je suis sont dans le milieu de la médecine. Médecin généraliste ou spécialiste, psychologue, infirmier, aide soignant, etc… Je suis admiratif de ces métiers qui aident les autres dans la souffrance. Je suis admiratif de ces personnes que je suis sur ce réseau social, et de mon homme bien évidemment. Se mettre au service de la santé des autres, c’est quand même merveilleux.

La plupart de ces personnes ont leur blog personnel. Ils partagent avec nous – simple public -, les anecdotes qui font rire ou sourire, les tranches de vie et leur petite routine. Mais quelques notes sont également très sombres, voir très noires. Ils extériorisent beaucoup leurs difficultés. Je ne parle pas de difficultés vis-à-vis d’un patient à soigner, pour savoir quels traitements adapter à sa pathologie, etc… Mais plutôt leurs difficultés à gérer le malaise créer par le métier.

Car non le médecin ne vit pas dans le monde des bisounours comme beaucoup le croit, et comme je l’ai moi-même longtemps cru. Le médecin ne fait pas que guérir des gens, il en voit également mourir. Je lis beaucoup de blogs de médecins, anonymement la plupart du temps. Dernièrement j’ai lu deux notes qui m’ont ému, décontenancé puis terrifié (billet de @DeBakey principalement, mais également de @spykologue). Terrifié, c’est le mot. Les larmes aux yeux devant mon écran, j’encaisse les mots. Je ressens la douleur des patients, je ressens de ces deux médecins blogueur, et j’ai peur.

Je suis émotif, je ne sais pas gérer mes émotions, je le sais. Pleurer en lisant une histoire, ou regarder un film, cela arrive à beaucoup de monde. Mais ces deux histoires sont vraies. Et surtout ces deux histoires peuvent me toucher indirectement. Car mon homme vie ces moments-là. Bien sûr il sauve des vies, il soigne et guéri, mais je sais aussi qu’il est confronté à la mort, la perte et l’incertitude. Comme les autres, il aime son métier et ne changerait pour rien au monde. Il est également bien plus fort mentalement que moi, et heureusement ! Il ne s’effondre pas pour rien lui. Mais j’ai quand même peur pour lui. Comment peut-on gérer ce genre d’évènements dans une vie ? Comment peut-on gérer tout cela en fait ? Comment peut-on garder en soi cette douleur que l’on peut croiser, ce sentiment d’impuissance et d’échec ? Est-ce qu’écrire sur un blog suffit à tourner la page ?

« PS : la photo de présentation a été prise durant la série intitulée « Sur les routes du travail (la série est visible ici et ici).