Mardi 8 janvier 2013. Ce jour sera peut être un tournant dans ma vie. Peut être, car ce n’est surement rien.

Il y a plus d’un mois, on lui a découvert sur une mammographie de routine une petite boule. Le processus s’est mis en marche et avant les fêtes de Noël, elle est allée faire une biopsie. Voilà, on en est la. Mardi 8 janvier, elle aura les résultats. On saura.

Depuis trois semaines, je m’efforce de penser à autre chose, sans grand succès cependant. Mon site à retrouver un nouveau souffle, je suis présent et volontaire au travail, malgré le fait que je sois en vacances sur mon contrat de travail. J’aide à un déménagement, je fais des gâteaux, je cours à droite et à gauche, je fais tout pour ne pas que mon esprit vagabonde. Le soir, je lis jusqu’à ce que mes yeux brulent de sommeil, en espérant que je m’endorme rapidement une fois la liseuse abandonnée sur la table de chevet.

Je n’ai jamais reçu de terribles nouvelles dans ma vie, j’en ai toujours été épargné. J’ai traversé mon enfance, on adolescence et ma vie d’adulte comme ça, sans malheur. Je parle bien de choses qui bouleversent une vie. Un avant et un après. Vous me direz bien évidemment que le cancer du sein se soigne relativement bien quand il est en pris assez tôt en charge. Oui c’est vrai. Et vous me direz également que ce n’est surement rien, oui c’est vrai aussi.

Cette femme est la femme de ma vie. C’est elle qui me la donnée d’ailleurs. Nous avons toujours été très proches depuis mon enfance. Même mon départ – tardif – de la maison ne nous a pas éloignés. On s’appelle très souvent, et encore plus ces derniers temps. Après sa crainte de la maladie, elle est arrivée à se raisonner en se disant que ce n’était rien. C’est sûr, ce n’est rien. Je ne sais pas si c’est la bonne méthode à utiliser, si jamais le verdict était positif, la chute serait plus lourde.

De mon côté, j’ai toujours tendance à être pessimiste et espérer le soulagement. J’ai beau me dire que ce n’est surement rien, je me dis que c’est surement quelque chose. On ne peut pas avoir de masse dans le sein sans que cela ne soit rien. Alors je me prépare. Je me blinde, ou plutôt j’essaye, car je suis actuellement autant blindé qu’un kleenex peut l’être face à une balle. Mais surtout, j’ai peur. Peur, car même « préparé » j’ai peur de ne pas le supporter. Je sais que la maladie touche un nombre incalculable de personne, mais elle…

J’ai aussi peur du soutien qu’elle trouvera en mon père, son mari. La dernière fois que j’ai eu ce dernier au téléphone, je lui ai demandé des nouvelles de ma mère. Il ne savait pas et me conseillait de les lui demander directement, arguant qu’à la maison on ne parlait pas des maladies des uns et des autres. Donc voilà, ma mère, si maladie il y a, serait seule. Un contre un. Et moi, à 1h30 de route minimum, travaillant 6 jours sur 7, jouant les arbitres. Je m’en voudrais de ne pas pouvoir être la soutenir autant qu’elle m’a soutenu durant toutes ses années…

Et si c’était une tumeur, et si elle s’était déjà propagée, et si la chirurgie n’était pas envisageable, quelles seraient les solutions ? La radiothérapie ? La chimiothérapie ? J’ai vraiment peur que la vie de ma mère, qui n’a pas le permis de conduire, prenne des chemins compliqués…

Enfin pour le moment, la tache sombre n’est qu’une tache sombre. Ce n’est surement rien…

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