Un couple, comme ces deux papillons, ça se tourne le dos parfois.

Quelquefois, on a besoin du soutien de l’autre, mais celui-ci ne le comprend pas, ne le vois pas. On n’ose pas appeler au secours. Peur de déranger, peur de n’être pas compris. Et pourtant, chacun devrait toujours pouvoir tirer la manche de son conjoint pour lui dire « eh, regarde-moi, regarde mes yeux, tu ne vois rien ? J’ai besoin de toi, la, maintenant, tout de suite. Je ne vais pas bien, je suis triste… Prends-moi dans tes bras, ne dis rien non, prends-moi juste dans tes bras, et serre-moi fort… »

Je ne sais pas voir tous ces moments-là. Ces moments où je devrais être un rempart et le protéger. Et je m’en veux.

Malgré tout, j’arrive toujours à me rattraper, parce qu’à bout de nerfs, il s’effondre. Je comprends alors qu’il faut le prendre dans mes bras, lui faire comprendre qu’on est tous les deux, pour le meilleur et pour le pire, et que le pire, on le partagera en deux, et qu’il sera moins pire. Et si je le comprends alors qu’il n’est plus à côté de moi, j’irai à lui, en faisant les centaines de kilomètres qui nous séparent s’il le faut, juste pour passer 15’ en tête à tête, pour lui prouver qu’on est tous les deux dans l’adversité. Juste pour le serrer dans mes bras, pour lui dire que je l’aime. Après tout, le temps et l’argent, qu’est-ce que c’est comparé à un de ses sourires ?

Malgré tout ça, je m’en veux. Je m’en veux de ne pas avoir compris au moment clé. De l’avoir laissé seul dans sa tristesse durant quelques minutes ou quelques heures. Je m’en veux d’être souvent, dans ces moments-là, en retard sur les évènements. De devoir passer par la case crise de larmes pour comprendre que j’ai laissé passer le bon moment… J’ai l’impression, comme ces deux papillons, de lui tourner le dos au moment où il a le plus besoin de moi. De l’avoir abandonné et que tout ce que j’ai fait après ne suffira pas pour rattraper mon erreur.

J’ai beau l’aimer plus que tout au monde, le lui dire dès que je peux, j’ai toujours peur que mes échecs ne le lassent. Je me dis alors qu’il faut vraiment que je sorte de ma bulle, et que je rentre dans la sienne. Ce n’est pas évident à faire, mais la prochaine fois, il faut que je sois présent, pour ne plus jamais le laisser seul sur un chardon.

Tags: , , , ,