Le chemin est long et paraît interminable. L’horizon est flou, y a fil une fin à tout cela. Y arriverais-je un jour ? En suis je capable ?

Je suis seul en équilibre. Seul sur ce rail qui se perd vers l’infini. Et pourtant loin s’être seul. Tant de personnes gravitent autour de moi, font partie de ma vie, de mon univers.

La gestion des sentiments est compliquée. Là où certains vont avoir un besoin de parler, de confier tous leurs soucis, d’exprimer toutes leurs craintes, je ne ressens qu’un besoin : le silence. Intérioriser, puis supprimer. Où plutôt classer sans suite… je n’arrive pas à parler, à exprimer ce que je ressens. Je ne sais pas faire, et n’en ai surtout aucune volonté. Le silence est mon allié, du moins je m’en persuade. Certains ont le dialogue facile et pensent que les mots sont la base de toute résolution de conflits ou de problèmes personnels. Je ne le pense pas. Du moins, je m’en persuade…

Je n’aime pas ressasser le passé et pour ce faire, je me réfugie dans un silence profond. Je me construis une forteresse imprenable, avec un mur d’une profondeur inébranlable et d’une hauteur infranchissable… Une forteresse. Ma forteresse. Je me renferme sur moi-même, sur ma tristesse ou ma colère. Pas de dialogue possible, pas de sentiment, rien. Le vide. Le mur. Ce mur est une arme. Le silence est mon arme. Du moins, je m’en persuade…

J’aime ma forteresse de silence. Je m’y sens bien, je m’y sens fort. Même si ce n’est qu’illusion, elle me conforte. Du moins, je m’en persuade…

Les petites blessures se cicatrisent et s’oublient. Il faut juste ne plus y penser et avancer. Ne pas refaire les mêmes erreurs, mais avancer. Sans se retourner, sans ressasser. Non jamais. Avancer,  toujours…

Mais quand la blessure a été créée par un événement trop important pour être simplement enterrée au fond d’un coin de notre cerveau. Si elle ne cicatrise jamais, mais reste simplement enfouie en surface, prête à ressortir dès qu’une occasion se présente. Que faire ?

Et plus grave, que faire si l’événement a également créée des blessures aux gens que j’aime ? Se blesser soi-même est une chose, blesser les autres en est une autre. Alors que faire ? Fissurer mon mur ? Briser le silence ? Mais pour dire quoi ? Est-ce que cela ne va pas faire plus de mal que de bien ?