La montagne est belle en couleurs. Les sapins verts qui se reflètent dans un lac bleu azur, près de blocs énormes de granit rose… Mais la montagne en monochrome est également magnifique. J’avais envie de vous faire découvrir une série en deux couleurs. Du noir et du blanc, qui se mélangent et font ressortir toute la puissance et la force de la roche. Passé les 2500m, peu de sapins, peu de verdure, mais des rochers à perte de vue. Au loin, elle semble minuscule, accessible avec juste une bonne dose de volonté.

Mais la montagne se gagne, la montagne se mérite…

Ces 6 photos ont été prise le même jour. Un jour particulier pour moi et dont je me suiviendrais longtemps je pense. J’ai rarement été mis en difficulté physiquement mais là, j’ai vraiment j’ai dù aller chercher au fond de moi les forces nécessaires pour finir ce que j’avais commencer. J’ai pas mal de randonnées à mon actif, mais celle ci restera dans les annales. C’était la seconde fois qu’on la faisait, la première a été un véritable supplice physique. La deuxième – même préparé psychologiquement – a été dans la même suite logique.

La montagne se gagne, la montagne se mérite…

Nous sommes partis assez tôt ce matin là pour éviter la chaleur au maximum. La randonnée est donnée pour 9h de marche (hors pauses). Nous la ferons en 7h (et en 9h30 avec les pauses). Elle débute radicalement par une montée de 1150m de dénivelé. 2h30 de pure montée. Pas une descente, pas un plat, même un faux plat ! Nous partons au milieu d’une forêt de sapins, à la base de départ située à 1750m, pour arriver au sommet, à 2900m. Là-haut, nous nous retrouvons au milieu de rochers par milliers. Et malgré notre observation attentive, pas un chamois, pas un bouquetin, pas un humain, rien. Nous sommes seul. Seul avec elle.

La montagne se gagne, la montagne se mérite…

Arrivés au sommet, le premier de la randonnée, nous avons une vue plongeante sur toutes les Alpes, du Nord et du Sud. Pas un nuage, mais un vent a décorner les boeufs. La fatigue est – déjà – là, mais le fait de dominer le monde, et d’immortaliser tout ça avec mon appareil, suffit à mon bonheur. S’ensuit la descente, logique, dans la vallée suivante. Nous retrouvons de la verdure, mais toujours pas d’être humain. Homme ou animal, nous ne croisons personne. Une descente de 800m de dénivelé, où les cuisses ralentissent la descente, par des contractions musculaires enchaînées et répétées inlassablement… Mes quadriceps ont mal, Ils pourraient pleurer qu’ils le feraient. Ils crient leur douleur mais au milieu de nulle part, pas de temps pour les écouter. De l’eau et quelques abricots secs font office de bisou magique…

La montagne se gagne, la montagne se mérite…

Nous sommes maintenant à 2100m, les sapins poussent même sur les rochers. Une nouvelle ascension se profile. Elle sera la plus difficile. Cela fait déjà 4h30 qu’on marche, la première montée suivie de sa descente a petit à petit fatigué nos muscles mais le moral est vaillant… pour le moment. La montée n’est pas difficile en fait, elle est simplement terrible. Le sentier tortille à droite, à gauche, et n’en finit pas. On voit le sommet, au loin, qui semble nous narguer. Il se rapproche si doucement. Beaucoup plus doucement que notre moral baisse et notre fatigue explose. Nous y sommes, je suis exténué. La pause s’impose. Eau et aliments secs énergétiques sont obligatoires… Je n’en peux plus et pourtant, je suis bien. Il n’y a personne, la seul compagnie que nous avons est cette montagne, qui malgré tout, reste accueillante. Le vent souffle doucement, le soleil brille. Je suis heureux malgré la fatigue.

La montagne se gagne, la montagne se mérite…

 La descente n’est pas difficile physiquement en soi, mais plutôt moralement. Dès le sommet, on peut apercevoir le parking de la base de départ. Nous voyons notre voiture… Le randonneur lambda, exténué, sauterait de joie me diriez-vous. Plus que quelques pas et c’est la fin ! C’est ce que nous avons fait la première fois que nous avons fait cette randonnée, il y a 3 ans… juste avant de voir le panneau indiquant que le retour à la base est à 2h30 de marche. Voir le parking est une chose, l’atteindre en est une autre ! Cette fois, nous étions préparés psychologiquement et nous savons que, grâce à notre marche assez rapide, il ne nous reste « que » 1h30 de descente à faire avant de pouvoir nous assoir tranquillement pour siroter une bière.

La montagne se gagne, la montagne se mérite… Tout comme une bonne bière !

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