J’ai peur des araignées. Même un simple faucheux m’effraie. Je crains la plupart des insectes rampant d’ailleurs. Même si, depuis que je vie à la campagne, j’ai fait quelques progrès.

J’ai peur des chiens. Les gros qu’on aperçoit au loin, et qui nous font dire tout de suite « est il en laisse ? ». Quand je suis seul, je dévie ma route. Quand je suis avec lui, je prends sur moi pour le rassurer.

J’ai peur de l’orage. L’éclair et le tonnerre, même s’ils sont artistiques, me rendent bien fébrile. Et en montagne, c’est encore plus impressionnant.

J’ai peur des aiguilles. Ce simple morceau d’acier transperçant la peau puis la veine me fait tourner de l’oeil une fois sur deux.

J’ai peur de la foule. Je horreur que l’on me touche il faut dire. Encore plus effrayant que de marcher au milieu d’un flot homogène de personnes, c’est de marcher au milieu d’une foule anarchique. Cela devient une horreur sans nom pour moi.

J’ai peur de conduire la nuit. Et sous la pluie pour couronner le tout. Avec ma vue défaillante, je ne me sens pas en sécurité.

J’ai peur du cambriolage, ou que ma maison brûle. Depuis qu’on l’a achetée, c’est une partie de ma forteresse.

J’ai peur de l’altitude, mais uniquement si je n’ai rien sous mes pieds. Autant l’avion ne m’effraie pas, autant l’accrobranche, le saut en élastique ou en parachute sont des choses impossibles à accomplir.

J’ai peur de ma mort et de la douleur. Rapide ou lente. Douloureuse ou dans mon sommeil. Je la crains. Je me demande quand elle surgira. J’y pense et je la redoute.

J’ai peur de sa mort. Beaucoup plus que de la mienne d’ailleurs. Savoir que je devrai vivre sans lui, s’il partait avant moi, est inimaginable à mes yeux.

Et pourtant, aucune de ces peurs ne peut m’atteindre quand je suis avec lui. Je me sens en sécurité à ses côtés. Et si notre peur est commune, je braverai la mienne et pourrai soulever la terre entière, juste pour un de ses sourires.