Nous sommes le samedi 27 avril. Nous sommes arrivés en Israël il y a à peine deux jours, et nous avions planifié dès notre arrivée une visite de 36h sur les bords de la Mer Morte. Le programme était simple, faire la route, se poser au camp sur les hauteurs de la mer morte, retourner en fin d’après-midi se baigner, retourner manger au camp, faire ma demande en mariage, boire du champagne et faire la fête, se coucher, et le lendemain retourner au bord de la mer morte… Voilà ce qui était prévu. Mais cela aurait été trop simple bien entendu.

 Nous quittons Tel-Aviv en fin de matinée ce samedi 27 avril. Il fait 35°, je suis intérieurement un peu stressé. Dans quelques heures j’ai prévu de demander officiellement mon homme en mariage, au coucher de soleil, avec une vue magique sur la Mer Morte. J’avais tout comme toujours tout prévu, tout planifié, jusqu’au lieu exact.

Nous sortons de Tel-Aviv et abandonnons les plages, surplombés des hôtels plus ou moins luxueux, pour prendre l’autoroute en direction de Jérusalem. Le paysage change radicalement, le sable laissant la place à la verdure et à la forêt, puis à la montagne. Après une halte chez une amie, qui nous a accueilli les bras ouverts (je sais que tu liras ceci Hedvab, un énorme et sincère merci pour l’accueil). F. commence à avoir mal au ventre, il part s’allonger, personne ne s’inquiète outre mesure. Vers 16h, nous partons donc vers la Mer Morte. F. restera allongé à l’arrière de la voiture, de plus en plus mal en point. Je sens que ma soirée ne va pas se passer selon mes prévisions. Le stress de la fameuse demande et son organisation s’efface pour atteindre son paroxysme quand je vois mon homme plié de douleurs… Il ne verra rien du paysage, de la traversée du désert de Judée. Ni de l’arrivée à la Mer Morte, une dame géante et calme, sans une vague. Une avancée d’eau impressionnante, au beau milieu du désert. Le point le plus bas de la planète.

Nous arrivons au camp, F. tente de se mettre debout pour une petite visite, mais la douleur est trop forte. Il se retrouvera allongé dans le bungalow jusqu’au lendemain matin. Il n’y aura pas d’événement au coucher du soleil, juste des photos souvenirs. Ce coucher de soleil devait être celui de ma demande, il restera celui de mon homme m’appelant au téléphone suite à un petit malaise vagal. Bref, il restera des souvenirs !

Le lendemain, le 28 avril donc, il se sent mieux, et mange même un peu au petit-déjeuner. J’en profite pour lui faire visiter le camp, lui faire voir les différents panoramas que j’ai repérés la veille, pendant qu’il se tordait dans son lit. Celui sur la Mer Morte, les abris antimissiles ou encore la vue sur le désert. Tout en vagant à nos découvertes visuelles, nous tombons dans un coin perdu du camp sur une tente immense (en photo sous ce billet), ou des dizaines et des dizaines de tapis trainent au sol. La tente est ouverte sur un côté avec une vue imprenable sur la Mer Morte. C’est une vue magique, c’est un endroit tellement romantique.

Je le laisse planter la et je retourne en courant au bungalow, chercher l’ustensile obligatoire : la bague de fiançailles ! Je redoutais le stress, je n’aurai pas le temps d’y penser. Je suis de nouveau dans la tente, face à lui, je me lance. On parle de notre vie commune, de nos sentiments si forts, et je me retrouve un genou à terre, la bague à la main, à lui demander la question solennelle. Ma voix trahit mon émotion, mes yeux s’humidifient. Putain je suis vraiment trop sentimental. Une vraie chochotte. Mais bon, c’est fait, je suis la, à ses pieds, mon regard dans le sien, j’attends la réponse, que je connais déjà. Ses yeux répondent pour lui… Son sourire aussi. Le oui tant attendu arrive, nous sommes heureux, nous sommes fiancés !

La journée se passe ensuite comme dans un rêve, nous retournons voir notre guide et ami, qui nous reçoit avec un « Mazel Tov » que je n’oublierais pas de sitôt. Non je n’oublierai rien de cette journée, ni de la veille. Non, je n’oublierais pas ma crainte de voir mon homme malade, ni son sourire à l’instant crucial, et encore moins ses yeux rougis de bonheur. Non je n’oublierai rien de tout cela, la mer Morte restera à jamais le moment où nous avons lancé officiellement notre mariage.

Nous sommes allés fêter ça tout simplement, par un bain de mer (très) salé, où les sensations de flottaison sont indescriptibles. Tout comme la sensation particulière d’une eau huileuse sur le corps. Un moment en fait très agréable et particulièrement surprenant. Un moment à vivre…

La tente ou a eu lieu la demande