Je vous l’ai déjà dit dans un post précédent, je suis amoureux des chats. Sur un réseau social, je mets souvent en ligne des photos de mon chat, qui a – comme nous tous – son pseudonyme : #ChatBoudin. Mais aujourd’hui, je voudrais parler d’un autre chat. De celui qui me manque.

Nos vies se sont entremêlées durant 16 longues années. Les gens n’ayant pas d’animaux ne peuvent pas comprendre l’attachement que l’on peut avoir pour un animal de compagnie. Car plus de compagnie, il est à part entière un animal familial.

Quand on s’est rencontré pour la première fois, en 1995, j’étais alors au lycée, et je me sentais comme bien des adolescents un peu seul. Mes parents ont eu l’occasion d’adopter un chat. Il avait déjà 6 mois, avait fugué et s’était retrouvé dans la rue. Une amie de ma mère l’avait recueilli, et le lui avait proposé. Un peu réticent au départ, mes parents ont vite compris que je le voulais et que je m’en occuperai bien. Je ne parlais que de lui, matin, midi et soir… Le rendez-vous était donc pris avec cette dame, ça sera un mardi après midi. Ce jour la, je m’en souviens, j’ai séché toute l’après-midi de cours pour aller le chercher sauf que, malin comme je suis, je me suis fait attraper par la directrice en passant tranquillement la porte du lycée (ou plutôt en courant vers la liberté). A la question « où allez-vous comme ça jeune homme ? », ma réponse a dû la surprendre car je lui ai dit simplement « je vais recueillir un chat, mon chat ». Et croyez-le ou pas, elle m’a souri et m’a laissé partir…

J’ai tout partagé avec lui. Il a toujours été à mes côtés, dans les bons et les mauvais moments. Pour le bac, le BTS, les compétitions sportives, le permis de conduire, il était là. Toutes ses étapes de mon début de vie d’adulte, il était là. Il a connu le départ de la maison familial, bien au chaud dans ma valise. Ça a été aussi dur pour lui que pour moi. Le soir, après le travail, on restait comme deux amoureux dans le canapé à zapper. Puis il a dû apprendre à me partager, car quelqu’un est entré dans ma vie, et dans la sienne.

Il a été de toutes nos vacances, alors qu’il ne supportait pas la voiture. Ne serait ce que pour aller chez mes parents (une heure de route) il miaulait toutes les 3 secondes d’un miaulement rauque. Ne cherchez pas à compter, je l’ai déjà fait quand mon poste de radio était en panne. 1200 miaulements. Rien que ça ! J’ai vite fait réparer le poste de radio… Il était là également pour mes changements de poste professionnel, à m’écouter me demander si j’allais assurer. Et j’étais persuadé qu’il me comprenait. D’ailleurs il me comprenait. Et ça me rassurait. Il a connu encore un autre déménagement, avant qu’on achète définitivement une maison à la campagne et qu’on arrête de louer en appartement. On n’avait peur que d’une chose, c’est qu’il parte sans connaitre le jardin et le grand air. Mais il suivait. Les années passaient et il suivait.

Quand on a emménagé dans notre maison, je craignais que, en bon chat d’appartement qu’il était, il soit perdu et se sauve au premier coup de stress. Comme un bon papa poule, je suivais ses premiers pas dans le jardin. Mais non, bien au contraire, aucun stress. Il adorait sa nouvelle vie. Il était heureux, et passait son temps dehors, à dormir sous le laurier – car le soleil tapait trop fort – et à nous surveiller du coin de l’œil. Il me faisait penser aux petits vieux assis sur leurs chaises pliantes, qui surveillent et commentent tout ce qu’ils voient.

Speedo est tombé malade. Son déclin a été rapide. Il n’a pas souffert, je ne voulais pas le voir souffrir. Je ne pouvais pas. Ça m’aurait été insupportable. Nous avons pris la décision au bon moment. Je savais qu’il le fallait mais que ce fut dur. Ce 19 novembre 2009, je suis allé chercher sa caisse qui était rangée dans la maison au fond du jardin pour emmener Speedo chez le vétérinaire. Cet aller-retour a été un des moments les plus durs de ma vie. C’était la fin.

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